que le temps qui s'écoule s'alourdisse dans nos veines.
Je t'aime.
Cherche moi, qu'on y vienne à cet état sublime du monde tout arrêté,
la sieste des deux amoureux qui s'écroulent d'un bonheur soudain, j'aimerai mourir aussi.
Mourir de vivre
si satisfaite, si pleine, si légère, si aérienne dans de grands bras qui protègent,
sous de grands yeux qui veille,
près d'un grand corps qui sommeille.
J'aime.
Qu'on se fasse pitié comme deux mendiants sans gamelle,
que je sois minable et répugnante, et que toi tu m'aimes quand même,
que j'oublis le cours des m½urs, le cours du vent, le cours des choses,
qu'on se transporte à deux au c½ur de marées inconnues, j'ai peur.
Je n'ai pas peur de la nuit et je n'ai pas peur du vide, j'ai peur qu'un toi je ne le trouve pas.
Qu'on s'abandonne, mon amour,
my sweet mandarine,
que ça pleuve et pleure de surnom pathétique, que tu sois pathétique et que j'aime ton pathétisme.
Qu'on s'invente à nous seuls une première page de journal,
une première page dans l'Histoire,
un première bulle de notre monde dans cet univers pourri.
Qu'on se perde de tant de fanfreluche et fantaisies, de tant de misère amoureuse, de trop d'aventures fantastique, de tellement de soupçons insignifiants,
que je crie que je ne t'aime pas,
qu'il n'y a plus de place que pour moi, que tu ripostes
"Eh encore !" quoi ?
Qu'on se monte le chou en mayonnaise de ces instants volés,
ces minutes écoulées, ces longueurs de la vie étirant nos deux esprits.
Je meurs. Tu meurs. Mourrons ensemble de ne pas se connaitre,
je t'attends. Je t'aspire, je t'exhume petit à petit, je faiblis de ton image plus floue à chaque mirage.
A chacune de ses pensées
qui m'écrasent au sol en un bruit lourd,
un son dégueu de réalité.
Je vomis cette réalité, je crève de cette petite apostrophe où,
dans mes rêves, je te crois, je te touche et vlan !
Fin de la parenthèse, on m'achève d'un coup sanglant, tu n'es pas là,
et je t'attends toujours.
Je t'aime et je perds patience. Je n'ai aucune patience et je ne t'aime pas.
Je tourne en rond, je baigne dedans, dans cet espoir stupide de pauvresse malaimée,
et puis oui, quoi.
J'y crois.
Qu'on s'abandonne, qu'on foutte les deux pieds en plein dans le plat,
qu'on rase les barbelés de cette crétine d'existence,
que tu viennes et qu'on s'aime, je t'aime, tu m'aimes, ils s'aiment.
Qu'on s'y jette et que ça nous perde.
Merde. " (LARA)
